Un vieux sage m’a dit une fois: lis une page par jour, éloigne l’ignorance… A moins que ce soit quelque chose avec les pommes et le médecin, suis plus très sûr…


La lecture est essentielle. Elle permet de transmettre un savoir, une émotion, une expérience. Elle est là à attendre patiemment qu’on décide de l’approcher. Elle est la gardienne d’un héritage, temple du savoir. Elle est l’endroit caché d’une multitude de souvenirs, de chefs-d’oeuvre, de mauvais goûts.


Lire nous transporte, nous ouvre l’imaginaire. Lire nous apprend, nous souvient, nous redresse et nous découvre. Lire est source de toute chose.

Mais que lire? Tout et rien. Tout est bon à lire, rien ne l’est si son contenu ne nous parle pas. Lire est une invitation à se découvrir. Rien n’est forcé, rien n’est nécessaire. Lire est la fusion d’une intention et d’un contenu.

Lire, c’est s’arrêter, regarder dehors et s’apercevoir qu’il fait beau, ou au contraire, qu’il fait gris, les nuages dansent dans le ciel, les oiseaux, tantôt silencieux, tantôt bruyants volent et se posent. Lire, c’est s’endormir sur une page, la lire et la relire, l’oublier, s’en souvenir, s’arrêter, imaginer notre vie, ce qu’elle fut, ce qu’elle aurait pu être, ce qu’elle sera. Lire, c’est se retourner, rire, pleurer et vivre. Se lever, faire du café, profiter de l’odeur qui envahie la pièce, hésiter, un sucre, deux, peut-être du lait.

Lire, c’est respirer, se poser, souffler, reprendre un bouffée d’imaginaire, s’atteler à rendre sa vie plus colorée. Lire, c’est broyer du noir, être triste, inconsolable et finalement, sur une virgule, sourire, sécher ses larmes et avancer. Lire, c’est la sonnerie du téléphone qui nous sort d’un univers propre dans lequel nous voyageons. Lire, c’est poser un marque-page bien soigneusement, une parenthèse dans une vie parallèle. Un moment entre le passé et le futur. Un changement d’univers.

Lire, c’est la théorie quantique sous nos yeux. Plusieurs dimensions, plusieurs vies, plusieurs fins, une même personne, instantanément. Lire, c’est ne pas respecter les règles, se permettre l’impensable, le noir, le rose, le blanc, le gris, les gris, le bleu et la vie. Lire, c’est une ode à l’espoir, une solution à l’indicible, une parenthèse magnifique, une porte à la beauté.

Lire, c’est écrire.

Alors, j’écris, peut-être, pas certain. J’aligne des mots, je crée, j’additionne les lettres et j’espère, je redoute, je me rassure, j’ose, j’imagine et je constate. J’écris et je relis. Je lis pour réécrire. Éternel recommencement, éternel début, histoire sans fin, moral sans histoire, j’écris, une lettre en mène une autre, un mot provoque une phrase, une phrase écrit un texte, une histoire prend forme d’elle-même et me prend par la main. Je la lis et, posant mes mains sur le papier, je griffe une lettre, puis deux, elles me soufflent et me guident vers un nouveau chapitre, une nouvelle histoire. Je lis, j’écris, je m’arrête, je suis.