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Hier, j’ai parlé à Alice, le rhum était bon. | loveLifefully

J’avais Alice au téléphone hier soir, elle me racontait sa semaine estivale. Une période plutôt agréable. Après quelques échanges, elle me demande comment je vais. Là, je lui raconte.

 

Cette fois, c’est moi qui lui partage une de mes histoires.

 

Je lui explique, sans préciser les circonstances, ni le moment ou l’endroit, car cela n’a finalement que peu d’importance, une expérience que j’ai vécu. Ce moment était différent à ce que j’aurais pu imaginer. Je pourrais même dire totalement différent à ce que j’aurais décrit sans l’avoir vécu.

 

Nous étions plusieurs assis à discuter. Échangeant librement, agréablement sur les faits de la vie, sujets légers et moins légers, captivant ou un peu moins. Bref, une soirée très agréable, légère, faite de rire, de regards, de bonne nourriture et d’un peu de vin.

 

Dans la soirée, quelqu’un lance : quel a été le moment le plus difficile et le plus cool de cette dernière année pour vous? ». A cet instant, nous aurions pu virer dans la thérapie de groupe. Chacun parlant et les autres acquiescent avec une compassion feinte ou surjouée.

C’est ce que j’aurai décrit sans l’avoir vécu. Une séance un peu mielleuse de thérapie de groupe. Je le dis comme je le pense, puisque j’étais totalement dans l’erreur.

 

Ce à quoi j’ai assisté et participé a été très touchant. Un échange d’une honnêteté simple. Une écoute compatissante mais des avis clairs. J’ai trouvé très beau de voir que pour chacun, les difficultés rencontrées étaient totalement différentes. Au moins vu de l’extérieur car, comme nous en avions déjà parlé avec Alice, chacun vit ces difficultés selon sa perspective et de ce fait, personne ne peut décider pour l’autre à quel point une difficulté est importante aux yeux de celui qui l’expérimente.

Chacun raconte son histoire, ouvertement, franchement, presque innocemment, mais sans jamais se poser en victime. Il s’agissait plutôt de témoignages, de faits qui se sont arrivés. A aucun moment, quelqu’un s’est posé en victime et à aucun moment d’aucun ont consolé quique ce soit en affirmant que ce n’était pas de sa faute. Il ne s’agissait plus de définir qui, quoi, comment, mais d’écoute et d’échange.

 

Des histoires touchantes, des armures qui se fêlent un peu plus.

 

J’ai ressenti à ce moment que la destruction de cette armure était peut-être le but ultime de chacun. Nous parlons beaucoup de minimalisme. Nous parlons beaucoup de vivre avec moins d’objet, de ne conserver que l’essentiel.

 

Mais est-ce que le minimalisme ne serait pas simplement vivre sans cette armure et en échange que les autres trouvent cela normal. Que cela ne soit ni une opportunité d’attaque, ni une opportunité de compatissance mielleuse qui nous entraîne dans un rôle de victime nous offrant aucune possibilité de changement. Le fait d’être victime nous hôte notre pouvoir de décider pour nous-mêmes.

 

J’ai trouvé ce moment beau, simplement. J’ai trouvé ce moment vrai, simplement. Et personne n’en a fait un événement. C’était normal, c’était une évidence.

 

Le rhum était bon.