Alice était en vacances. Elle est rentrée hier. Du coup, dans la soirée, nous nous sommes parlés. Nous avons parlé de nos vacances, nos randonnées. Elle m’a parlé des personnes qu’elles avaient rencontrées et des nouvelles expériences qu’elle avait faites. Une m’a particulièrement plu.

Elle me raconte l’histoire de son amie. Elle a une vie agréable. Elle fait des projets et aspire à cette fameuse vie idéale, selon nos critères habituelles. Elle y est presque mais un nuage l’empêche pour l’instant d’atteindre son imaginaire. Cela fait plusieurs mois que ça la travaille. Elle réfléchit, se demande ce qu’il faut faire. Elle pèse le pour et le contre, avance et recule, fait du surplace. La situation ne semble pas facile. Elle n’a qu’une partie du problème en main. Elle décide de se battre, de ne rien lâcher. Même si elle ne peut influencer qu’une partie du problème, elle veut croire que ses efforts vaudront la peine. Elle est prête à subir sur le court terme pour le bien du long terme. En même temps, elle ne sait pas si au final, elle pourra vivre comme elle l’espère. Si, dans son esprit, même si elle gagne son combat, elle réussira à avancer.


Je trouve beau les gens qui décident de combattre.


La vie n’est pas faite que de moments faciles et se battre permet parfois de passer à travers des situations momentanées compliquées pour un lendemain plus fort, plus joyeux. Je ne suis pas de ceux qui pensent que tout ce qui arrive est pour le mieux, qu’il faut accepter les choses comme elles viennent en les embrassants. Je pense plutôt que notre tâche est de réfléchir à ce qui nous arrive, voir dans quelle mesure c’est bon pour nous et se battre si nous pensons qu’il y a mieux. Par contre, je pense que notre tâche est également d’accepter ce qui nous arrive et de faire de notre mieux pour en faire une expérience, si ce n’est positive, pour le moins enrichissante. Ne jamais se poser en victime de sa propre vie, prendre les choses en main et avancer, petits pas après petits pas. En gardant le contrôle, nous gardons l’espoir. J’en avais déjà parlé avec Alice.


Là, elle a décidé de se battre. Bien. Mais pourquoi?


Cela m’a fait réfléchir, pourquoi se battre? Est-ce parce que nous croyons que la cause est bonne et que la finalité sera positive pour tous? Si c’est le cas, alors fonçons. Battons-nous et faisons de notre mieux pour arriver à notre but.


Et si le combat avait un autre but?


Si le combat était là pour faire en sorte que cette situation qui se détériore continue à exister malgré tout? En se battant nous maintenons un patient en vie artificiellement. Le fait de se battre pour quelque chose peut aussi vouloir dire que nous n’avons pas envie de changer, de lâcher cet ancien connu pour un nouvel inconnu, que nous percevons ce qui est à perdre comme plus important que ce qui est à gagner. Le fait de se battre justifie que la situation actuelle se prolonge. Notre esprit peut dès lors se tranquilliser, je me bats dès lors je n’ai pas à changer, je n’ai pas à recommencer, je n’ai pas à partir dans l’inconnu.

Je ne sais pas pourquoi l’amie d’Alice se battait au fond d’elle. Je me suis juste poser cette question en l’écoutant. J’espère qu’elle atteindra ses buts, quelque soit la route qu’elle emprunte.


Car se battre pour les mauvaises raisons, c’est capituler à nos craintes profondes, c’est manqué la vraie bataille.